Favoriser des achats responsables

L’entreprise Culturefood propose à ses clients un indicateur écologique sur ses fruits et légumes

 

CHARLY VEUTHEY, LA LIBERTE, le 13.11.2017 (www.laliberte.ch)

 

Primeur »   Culturefood est né en 2014 de la fusion de quatre entreprises romandes, dont Rolle Primeurs, à Fribourg. Active sur quatre sites en Suisse romande, l’entreprise compte aujourd’hui 160 collaborateurs et 3800 clients: elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 50 millions de francs.

Depuis quelques mois, Culturefood permet à ses clients de la restauration et du commerce de détail de bénéficier d’un indicateur écologique afin qu’ils puissent effectuer leurs achats de fruits et de légumes en toute connaissance de cause. C’est le premier distributeur suisse à proposer ce type d’informations, avec un indicateur tenu à jour en permanence.

Pour l’entreprise vaudoise Beelong, également créée en 2014, c’est aussi le premier partenariat avec un distributeur. Pour développer son projet, Beelong est parti d’un constat simple: «Un tiers des émissions de CO2 est lié à notre alimentation, dont l’impact sur l’environnement est plus important que celui des transports.» Beelong propose un système de classement des aliments très efficace pour des acheteurs qui, parfois, se perdent dans la forêt des labels.

Cinq critères
Lors de la conférence de presse de présentation du partenariat entre les deux sociétés, la conseillère d’Etat Marie Garnier a bien souligné à quel point l’analyse multi-indicateurs de Beelong était porteuse: «En tant qu’ingénieure agronome, je sais bien qu’un produit local n’est pas toujours durable tout comme un produit biologique d’un pays éloigné peut ne pas l’être. C’est la somme conjuguée des cinq critères de l’indicateur Beelong qui est convaincante.»

Les analyses de Beelong peuvent s’appliquer à un aliment, un plat ou à l’activité de toute une cuisine professionnelle. Elles prennent en compte cinq facteurs: provenance, saison, mode de production, climat et ressources, transformation des produits. Concrètement, l’indicateur permet d’intégrer des données très variées: la distance entre le lieu d’origine et le lieu de consommation, le mode de transports, la quantité d’énergie nécessaire à la production – d’où l’importance de consommer des produits de saison –, le mode de production – avec une nette préférence pour les produits de l’agriculture durable, respectueuse de la biodiversité, des animaux, des sols et des eaux.

Beelong s’intéresse aussi à l’impact intrinsèque des produits: les aliments ne sont pas équivalents en termes d’utilisation de ressources; les aliments à base de protéines animales sont, par exemple, beaucoup plus gourmands en ressources et génèrent davantage de CO2 et de pollution. L’énoncé de ces critères suffit à montrer comme il est difficile aujourd’hui pour les commerçants et pour les restaurateurs de faire le bon choix lorsqu’ils veulent acheter responsable.

Un gain de transparence
Chez Culturefood, au lieu de se poser des questions très ardues au moment de passer leurs commandes de fruits et légumes, les clients disposent, sur la plateforme d’achats du distributeur, d’étiquettes en tout point similaires à celles que l’on retrouve sur les appareils électriques. C’est un gain de transparence très important. Mais les données écologiques des produits, qui se retrouvent également sur les bulletins de livraison et sur les factures, leur permettent de tirer des statistiques de leurs achats sous l’angle de la durabilité. Ils peuvent aussi calculer une note moyenne sur leur commande, sur une période donnée ou pour un événement particulier. A l’avenir, ces données pourraient leur être utiles dans le cadre des plans d’action d’achats responsables mis en place par la Confédération, les cantons et les communes.

Pour pouvoir informer ses clients, Culturefood transmet donc toutes les semaines la liste de ses nouveaux produits saisonniers à Beelong, afin qu’ils puissent être analysés. L’entreprise a aussi dû développer son système de traçabilité, afin d’être à la hauteur des exigences de cet étiquetage.

Il est donc encore difficile de tirer des conclusions sur l’influence de ce nouvel étiquetage. L’entreprise continuera quoi qu’il en soit à fournir des aliments plus ou moins bien notés en termes de durabilité: «C’est aux clients de décider, mais, bien sûr, si nous voyons que la demande est de plus en plus consciente de ces critères, nous évoluerons avec nos clients», souligne Christophe Marmy, le responsable des achats de Culturefood.

 

Culturefood – ici ses ­responsables Christophe Lanz et Jean-Paul Baechler (de g. à dr.) – a dû développer son système de traçabilité pour ­permettre un étiquetage écologique sur ses produits. © Alain Wicht

Culturefood – ici ses ­responsables Christophe Lanz et Jean-Paul Baechler (de g. à dr.) – a dû développer son système de traçabilité pour ­permettre un étiquetage écologique sur ses produits. © Alain Wicht

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